Étude de cas · IA en production

Un RAG qui répond aux agricultrices
dans leur propre dialecte.

SheGrows est un assistant WhatsApp pour les agricultrices en Égypte, construit par 1morething pour la FAO. Elles posent leurs questions en arabe égyptien, par écrit ou par message vocal, et la base de connaissances est rédigée en arabe standard. J'ai été responsable de ce qui fait se rencontrer les deux, la couche de recherche adaptée au dialecte, et de la boucle qui transforme les réponses des experts en nouvelles connaissances.

Client
FAO · Égypte
Mon rôle
Ingénieur IA · recherche dialectale et boucle de retour, dans une équipe de 4
Stack
RAG · pgvector · recherche plein texte arabe · GPT-4o · Azure
Statut
En production depuis juillet 2026

01Le problème

Le RAG a l'air magique dans les démos en anglais. On dépose des PDF, on récupère, on interroge le modèle, terminé. Celui-ci devait répondre à des questions comme « comment arroser mes courgettes en été » (tapé ازاى اروى الكوسة فى الصيف؟) à partir d'une documentation en arabe standard. Le même mot arrive avec différentes formes d'alif, avec ou sans voyelles, avec des marques de sens d'écriture parasites laissées par le clavier du téléphone. Et le dialecte se superpose à tout cela.

La plupart des modèles d'embedding, même multilingues, ne voient pas que la question en dialecte et la documentation en arabe standard disent la même chose. Les questions en dialecte passaient à côté de documents qui y répondaient pourtant clairement.

02La contrainte qui a tout façonné

En agriculture, une mauvaise dose de pesticide peut tuer une récolte, voire pire. Le système ne devait pas avoir le droit de deviner avec assurance. Cette seule contrainte a dicté l'architecture de confiance : tout ce qui est incertain part vers un agronome humain plutôt que vers le modèle.

« Le chemin “je ne sais pas, je vais chercher quelqu'un” n'est pas un pis-aller : c'est une fonctionnalité. »

03Le pipeline

Les étapes 1, 2, 3, 5 et 6 sont les miennes. L'étape 4 est celle d'un coéquipier ; elle figure ici parce que le reste n'a pas de sens sans elle.

1
Normaliser la requête, jamais les documents
Suppression des signes diacritiques, du tatweel et des marques de sens d'écriture ; unification des variantes d'alif. Le ta-marbuta reste, car il porte du sens en arabe technique. La base de connaissances n'est pas touchée, pour que les mots exacts que cherchent les agricultrices survivent.
2
Réécrire le dialecte en arabe standard, noms figés
Un appel GPT-4o en few-shot convertit l'égyptien parlé en arabe standard, avec l'instruction de ne pas toucher aux noms de cultures, de pesticides, aux doses, aux dates ni aux unités. Les réécritures sont mises en cache. La recherche tourne toujours sur l'original et sur la réécriture, et les résultats sont fusionnés.
3
Recherche hybride avec le tokeniseur arabe
pgvector pour le sens, la recherche plein texte de Postgres pour les mots-clés, fusionnées en gardant le meilleur score de chaque passage. Par défaut, la recherche plein texte de Postgres utilise une configuration qui ne comprend pas l'arabe ; passer à la configuration arabe tient en une ligne.
4
Des seuils calibrés pour l'arabe
Des seuils cosinus à 0,7 calibrés pour l'anglais rejetaient la plupart des bonnes correspondances arabes, dont les scores réels se situaient entre 0,20 et 0,45. Le benchmark de 20 requêtes d'un coéquipier, en arabe, en français et en anglais, a fixé un plancher et un plafond empiriques.
5
Trois issues, et toujours la même réponse
Confiance élevée : réponse. Moyenne : réponse avec avertissement. Faible : escalade vers un agronome humain. J'ai aussi rendu le routage déterministe, pour qu'un même message prenne toujours le même chemin, et ajouté un garde-fou qui escalade avant même l'appel au LLM quand la recherche est faible.
6
Les réponses des experts nourrissent la base
Les escalades résolues sont réinjectées dans la base de connaissances, dans la langue et le registre de l'agricultrice. Plus de 1 200 réponses d'experts y sont déjà entrées ; les nouvelles passent désormais d'abord par une validation administrateur.

04Le résultat

En production depuis juillet 2026. Fin septembre, il avait répondu à plus de 15 000 questions de plus de 100 agricultrices, dont environ un tiers posent leurs questions à l'oral. Environ quatre questions sur cinq obtiennent une réponse sans intervention humaine. Ces chiffres d'usage viennent de la base de production. La justesse des réponses n'a pas encore été notée sur un jeu annoté par des experts : elle n'est donc pas revendiquée ici.

15K+
Questions d'agricultrices traitées depuis le lancement de juillet 2026
~4 sur 5
Traitées sans humain ; les autres vont à un agronome plutôt qu'à une supposition
1 200+
Réponses d'experts réinjectées dans la base de connaissances grâce à la boucle que j'ai construite
3 chemins
Réponse, réponse avec avertissement, ou expert humain. Aucune supposition assurée sur un conseil critique pour la récolte

Envie du détail technique : les règles de normalisation, la conception du prompt de réécriture, les valeurs de seuil ? Tout est dans l'article complet : L'arabe a cassé mon RAG. Voici ce qui l'a sauvé.

Un problème RAG bien réel, désordonné, et pas en anglais ? Parlons-en ↗